“Tu devrais regarder le nouveau Gorillaz.”
Une note que Leo m’a laissé entre deux démos, avec un message simple.
Instinctivement j’ai pensé qu’il s’était trompé de verbe… puis j’ai fini par comprendre ce qu’il voulait me dire.
Parce qu’avant d’écouter le nouvel album de Gorillaz, le monde a eu l’opportunité de le voir, littéralement :
L’espace d’un court-métrage, nous avons des réminiscences de 2001. D’une époque où la pop-rockstar de Blur, Damon Albarn s’est associé à l’illustrateur de Tank Girl, Jamie Hewlett et introduit pour la première fois le monde à leur groupe virtuel, Gorillaz.
Je me souviens encore de la nouveauté et l’innovation que c’était de voir des personnages de dessin animé danser, chanter et jouer des instruments dans une salle de concert.
Interstella : 5ecret 5tory of a 5tar 5ystem, The ONE-T ODC, et Gorillaz.
Aucun paragraphe de cette dédicace ne vous permettra de vivre l’expérience simultanée de ces 3 groupes virtuels aux succès internationaux sur les chaînes de musique comme MCM…
Aucun doute que 8zNears🎶🕶️ a germé dans mon esprit à cette période. En fait je suis a peu près sûr des concepts similaires ont germé dans les esprits d’autres artistes: Ava Ross, Bébé Charlie, Black Mamba, Crazy Frog, Daddy DJ, Deadmau5, Danger, Défense D’Entrer, Dionysos, Epic Rap Battles, F.O.O.L, Ghost, Gnarcade, Hatsune Miku, Ilona Mitrecey, KIDS SEE GHOSTS, Kavinsky, K-Pop Demon Hunters, Leonardo Da Venger, Lil Brain, Marshmello, Mr. Oizo, Népal, Ours Brun, Pulcino Pio, Shaka Ponk, Starcadian, The Lonely Island, Twenty-One Pilots, Zomboy…
L’envie de mêler la musique à la narration, la mélopée à la lumière, l’audio à la vidéo, le virtuel au réel a continué d’émerger sur les 25 ans qui ont suivi, jusqu’à ce que le virtuel finisse par nous immerger tous.
Le choix contre-intuitif de revenir à l’animation 2D à l’ère où beaucoup d’autres artistes choisissent d’explorer l’IA générative, place Gorillaz au-dessus du lot…
…au sommet de la montagne, vous l’avez ?
Les enthousiastes de la première heure vous assureront que le groupe Gorillaz a toujours été au sommet du paysage musical.
Loin d’être un égotrip basique, The Mountain fait référence à quelque chose de bien plus profond… ou élevé si vous préférez.
Dans leur interview pour le magazine Consequence, Hewlett explique qu’il traversait le deuil de sa belle-mère et Albarn celui de son père. Le père de Jamie Hewlett nous quitte 10 jours après celui de Damon Albarn.
Ils décident de faire face à cette période ensemble lors d’un voyage en Inde, avec la mortalité à l’esprit. La leur, celle de leur entourage, et celle de leurs proches collaborateurs : parmi eux, Dennis Hopper, Proof, Dave Jolicoeur du groupe De La Soul, Bobby Womack, Mark E. Smith et le batteur Tony Allen.
L’idée leur est donc venue de faire intervenir depuis l’au-delà, de la façon la plus respectueuse possible à savoir des extraits d’enregistrements non-utilisés sur leurs albums précédents, les voix de ceux qui s’y trouvent.
Et quoi de plus proche symboliquement de l’au-delà, que le sommet d’une montagne ?
“It would be fun to pass it on to a younger team”
— Jamie Hewlett
Ce niveau de complexité narrative ne vient pas sur le premier brouillon, ou même le premier album. Elle demande de la créativité, du vécu, et surtout de la maturité, à la fois artistique et émotionnelle.
“We’ll pass it on to the next generation.”
— Damon Albarn
Une maturité qui exige, pour l’obtenir, d’éclaircir son champ de vision en montant au sommet de la montagne, de préférence par la Face Nord, d’orienter son regard vers l’avenir, au-delà du ciel virtuel qui impose ses nuages artificiels de plus en plus épais chaque année et…
…viser la Nouvelle Lune.
“My future is coming on
it’s coming on
it’s coming on…”
— Gorillaz, “Clint Eastwood”
— Ekinox
#nouvellelune #newmoon #8zNears🎶🕶️





